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Agents pathogènes multirésistants à l'hôpital – problème de principe ou alarmisme ?
Mutuelle santé hkk présente le rapport sur la santé hkk concernant le taux d'infection par des germes multirésistants dans les hôpitaux régionaux / Doublement des taux d'infection depuis 2007 / Besoin urgent d'agir : les Pays-Bas et la Scandinavie comme modèles.
Les conditions d'hygiène problématiques dans les hôpitaux et les infections dues à des germes multirésistants ont été à plusieurs reprises au centre de l'attention médiatique ces dernières années. Qu'il s'agisse de cas isolés ou d'un problème également répandu dans le Nord-Ouest de la Basse-Saxe et à Brême, la caisse d'assurance maladie hkk a fait examiner cela dans le cadre de son rapport actuel sur la santé hkk par l'Institut brestois pour la sécurité au travail et la promotion de la santé (BIAG). Le résultat a été présenté par le directeur du BIAG, Dr Bernard Braun, le 21 mai 2013 à Brême, en compagnie du Dr Jörg Herrmann, directeur de l'Institut d'hygiène hospitalière à Oldenbourg.
Selon les estimations, plus de 10 000 morts par an dus aux infections hospitalières
Selon une estimation basée sur l'étude ALERTS publiée en 2012 au Centre de recherche et de traitement de la septicémie de l'Université de Jena, 4,3 % de tous les patients hospitalisés en Allemagne contractent une infection pendant leur séjour. Cela correspond à entre 400 000 et 600 000 cas par an, dont 10 000 à 15 000 entraînent la mort. On estime que 15 % de ces cas sont causés par des agents pathogènes multirésistants (MRE). D'autres études confirment essentiellement ces résultats. Les MRE doivent leur nom à leur capacité à résister à de nombreux antibiotiques. Les MRE ne se trouvent pas seulement à l'hôpital, mais dans tout l'environnement, et ne représentent généralement pas une menace pour les personnes en bonne santé – contrairement aux personnes immunodéprimées. Parmi tous les MRE, l'agent MRSA (Staphylococcus Aureus résistant à la méthicilline) est le plus fréquent.
Conception de l'étude
La base de l'étude repose sur des données issues des factures hospitalières des assurés hkk pour la période 2007-2011. Ont été inclus tous les assurés hkk traités à l'hôpital durant cette période et chez qui une infection à MRE a été diagnostiquée.
Doublement des taux d'infection
Au cours de la période d'étude, la proportion d'assurés hkk traités à l'hôpital ayant contracté une infection est passée de 3,1 % à 6,3 %. En ne considérant que le nombre d'infections à MRE, celles-ci ont été détectées dans 271 cas en 2007, contre 619 en 2011. La part des infections à MRE dans tous les cas hospitaliers a ainsi plus que doublé en cinq ans, passant de 0,465 % à 0,941 %. La proportion d'infections à MRSA est passée de 0,299 % à 0,526 %. Parmi celles-ci, 65,6 % étaient asymptomatiques. La majorité des cas concernait des personnes âgées : 49 % de tous les cas d'infection à MRE concernaient des patients âgés de 70 à 89 ans.
Diminution de la part des traitements complexes consécutifs
Les patients hospitalisés infectés par des MRE entraînent des coûts de suivi importants, liés à des durées de séjour prolongées, aux coûts du personnel et du matériel pour le personnel d'hygiène qualifié, aux mesures d'isolement et de rénovation, ainsi qu'aux équipements de protection. Étonnamment, la part de ces traitements complexes dans tous les cas de MRE a diminué, passant de 58 % à environ 42 %, et pour les infections à MRSA, de 73 % à 58 %. « Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons », explique le Dr Bernard Braun. « Soit la gravité des cas a diminué, rendant les mesures coûteuses inutiles du point de vue des hôpitaux. Soit de nombreux établissements ne disposent pas des ressources humaines, matérielles ou infrastructurelles nécessaires pour réaliser ces interventions. »
À l’étranger comme modèle : 20 à 30 % de toutes les infections à MRE évitables
Ce qui est possible ailleurs, le prouve le regard vers l’étranger : alors que la part du MRSA dans tous les prélèvements positifs de Staphylococcus Aureus en Allemagne dépasse 20 %, elle est bien inférieure à 5 % dans les pays scandinaves, en Estonie et aux Pays-Bas. Même dans le système de santé britannique, en sous-financement chronique, le taux a été réduit de 44 % à près de 22 % en cinq ans. Les experts estiment donc qu’avec des mesures d’hygiène appropriées, 20 à 30 % de toutes les infections hospitalières par des agents pathogènes multirésistants pourraient être évitées en Allemagne. Cela nécessite toutefois une approche pluridisciplinaire et à plusieurs niveaux.
Appel à une amélioration globale
Bien que le nombre absolu de cas confirmés de MRE soit relativement faible, une culture d’hygiène modifiée peut avoir des effets positifs étendus sur l’ensemble du système de santé et conduire à de nouveaux standards de qualité et de sécurité. Des exemples positifs viennent des États-Unis et des Pays-Bas. La stratégie néerlandaise contre le MRSA comprend un ensemble de mesures, telles qu’un dépistage complet dans les zones à risque, la mise en quarantaine du patient jusqu’à ce que le résultat soit négatif, la présence systématique d’experts en infection et une politique rigoureuse pour éviter la prescription inutile d’antibiotiques en ambulatoire.
« Il est urgent d’agir pour réduire significativement les taux de MRE et de MRSA en Allemagne. Des premiers pas sont déjà visibles. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un concept structuré, impliquant des experts en soins, en médecine, en biologie, dans les hôpitaux et dans l’agriculture de la viande », explique le Dr Bernard Braun. Une première étape est le programme de promotion de l’hygiène, doté d’un budget pouvant atteindre 350 millions d’euros pour la période 2013-2016, prévu dans le cadre du paquet de relèvement des charges pour les hôpitaux. Ce programme prévoit des subventions spécifiques pour l’embauche supplémentaire de personnel soignant et médical spécialisé en hygiène, ainsi que pour leur formation initiale et continue, financées à ce jour par les caisses d’assurance maladie.
hkk - Erste Gesundheit
28195 Bremen
Allemagne








